Pervers-narcissiques : les repérer et les éviter

« Je ne suis pas du tout certain qu'il faille être fou pour comprendre les psychotiques. Mais ce dont je suis sûr, c'est que pour comprendre un pervers, quand on ne l'est pas, on souffre. » Paul-Claude Racamier


Dans « Le canari du nazi » Michel Onfray illustre son propos sur la monstruosité par cette anecdote. Eichmann après une journée de travail à gérer et peaufiner la machinerie de la solution finale, se déchaussait sur le pas de sa porte afin de rentrer chez lui en chaussette pour ne pas réveiller son canari qui dormait paisiblement. La psychopathologie des nazis n’est pas le sujet de cet article. Cependant la complexité humaine est résumée dans cette scène. Elle rappelle que tou

t n’est pas noir ou blanc. Ces monstres comme Eichmann ont ceci d’incompréhensible et de déroutant : ils témoignent d’une grande humanité un instant pour, l’instant suivant, devenir monstrueux. Beaucoup on écrit sur le sujet des pervers-narcissiques : des spécialistes, des psy, des professionnels de la justice, des victimes... Certains auteurs sont mesurés dans leurs propos d’autres plus radicaux. Cet article se veut un stimulateur de réflexion afin de ne pas rester (comme nous l’avons souvent lu) dans une présentation caricaturée du PN. (pervers-narcissique) Mais pourquoi susciter la réflexion ? Afin de ne pas tomber dans le piège notre éventuelle illusion de toute puissante de psy et de se dire que, peut-être, nous n’avons pas encore tout compris de cette pathologie. Plus nous serons en recherche sur ce sujet plus nous découvrirons des subtilités indispensables pour aider les pervers-narcissiques et leurs victimes.


1-Les origines C’est Paul-Claude Racamier, psychanalyste, qui en 1992 introduit la notion de pervers-narcissique dans son livre Le Génie des origines, psychanalyse et psychose ainsi que dans Inceste et incestuel . Pour certaines écoles psychothérapeutiques et psychanalytiques le terme Pervers-narcissique serait redondant car voulant en réalité dire la même chose. C’est la raison pour laquelle certains préféreront « narcissique à tendances perverses » Quant à l’origine du mot pervers il provient du latin pervertere voulant dire retourner, renverser. Cette pathologie entre dans la rubrique des états limites du DSM IV. Pourquoi le terme état limite ? Parce qu’entre deux, à la limite : entre la psychose et la névrose. Mais cette définition serait, pour certain, obsolète, bref dépassée. Le PN s’est construit depuis l’enfance sur un faux-self . Il n’a pas pu apprendre à créer du lien de manière naturelle. Il a du construire un masque. Il ne sait pas entrer en relation par le biais des affects mais par le biais du contrôle et de la domination. Il se nourrit de la souffrance de l’autre.