Comment savoir si c'est de l'amour ou de la limérence, cette obsession amoureuse toxique ?
- Géraldyne Prévot Gigant

- 2 avr. 2024
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 déc. 2025

Dans certaines histoires, l’amour semble fulgurant, total, irrésistible. Mais derrière l’intensité, il peut parfois se cacher un état obsessionnel qui consume plus qu’il ne nourrit : la limérence. Souvent confondue avec la passion amoureuse, elle relève pourtant d’un mécanisme psychique bien différent, proche de la dépendance affective. Comment la reconnaître, d’où vient-elle et comment en sortir ? Cet article propose un éclairage pour comprendre ce phénomène qui touche de nombreuses personnes sensibles et en quête de sécurité émotionnelle.
Voici les signes de la limérence et comment en guérir.
La différence entre amour et limérence
La limérence n’est pas séparée de la dépendance affective : elle en est l’un des signaux les plus visibles. La personne limérente concentre toutes ses ressources psychiques vers un seul être, qu’elle idéalise, fantasme et place au centre de sa vie émotionnelle.
On y retrouve :
une obsession continue,
la peur permanente de perdre l’autre,
un besoin compulsif de contact,
et une recherche d’approbation qui devient le régulateur de l’humeur.
Dans ce contexte, l’amour rêvé prend la forme d’un scénario intérieur, souvent déconnecté de la réalité et alimenté par l’incertitude. L’intensité émotionnelle devient le moteur d’une dépendance à l’autre.
Les signes de la limérence : quand l’autre occupe tout l’espace
Lorsque quelqu’un s’installe dans votre esprit au point d’en devenir le résident permanent, il peut être difficile de différencier l’amour naissant de l’obsession. Les recherches d’Albert Wakin et Duyen Vo mettent en lumière plusieurs indicateurs :
des pensées intrusives, obsessionnelles, difficiles à interrompre,
une attention presque exclusive portée à cette personne, au détriment du reste,
une interprétation excessive de chaque message, silence ou signe,
une sensibilité exacerbée aux comportements de l’autre,
une distraction mentale qui altère la vie quotidienne,
la tendance à rejouer en boucle souvenirs et scénarios imaginaires.
La nuance essentielle : dans l’amour, ces manifestations s’atténuent au fil du temps ; dans la limérence, elles persistent et s’intensifient, surtout si l’autre est peu accessible — personne mariée, ami, figure distante ou même célébrité.
Quand la limérence devient anxieuse
Dans certains cas, l’obsession entraîne une activation physiologique marquée :
palpitations, transpiration, difficultés à respirer,
douleurs thoraciques liées à l’incertitude,
anxiété autour de son apparence ou de sa “performance” affective,
peur intrusive et constante du rejet.
La relation imaginée devient alors un territoire fragile où chaque signe, ou absence de signe, déclenche une tempête émotionnelle.
D’où vient la limérence ? Une lecture par la théorie de l’attachement
Dorothy Tennov relie la limérence aux blessures d’attachement. Lorsque l’enfant n’a pas bénéficié d’une présence stable, cohérente et sécurisante, il peut développer à l’âge adulte une forme d’attachement anxieux : l’autre devient alors celui qui pourrait réparer l’insécurité d’origine.
Les personnes hypersensibles, insécures, peu confiantes en elles sont plus vulnérables à cet état. Histoires d’abandon, de dénigrement, de rejet, traumas relationnels : autant de fractures intérieures qui nourrissent la croyance inconsciente que l’autre pourrait enfin apaiser l’angoisse ancienne.
Dans la limérence, la personne pense avoir trouvé la figure salvatrice — celle qui comblera le vide, rassurera, sécurisera, donnera enfin un sentiment d’existence stable.
Comment guérir de la limérence ?
La première étape est toujours la prise de conscience. Nommer l’état obsessionnel, reconnaître la souffrance, accepter qu’il ne s’agit pas d’amour mais d’une dépendance affective déguisée.
Le chemin de guérison passe par plusieurs axes :
être accompagnée pour comprendre l’origine de ce fonctionnement,
accueillir ses blessures sans se juger,
revisiter les expériences d’enfance ou d’adolescence qui ont façonné l’insécurité affective,
réapprendre à poser un cadre dans ses relations,
réduire ou suspendre le contact avec la personne concernée afin de retrouver clarté et souveraineté,
se recentrer sur ses besoins, ses limites, son respect de soi.
Rompre le contact n’est pas une solution en soi, mais un espace de respiration où l’on peut commencer à se retrouver.
Retrouver sa liberté intérieure
Guérir de la limérence, c’est réapprendre à habiter sa vie sans se confondre avec l’autre. C’est remettre de la conscience là où régnait l’urgence, de la solidité là où vivait la peur, et de l’amour de soi là où l’on avait laissé l’obsession prendre toute la place.
Loin du romantisme tragique souvent associé à la passion, la guérison passe par un retour à soi — un espace où l’on cesse enfin de chercher dans l’autre la sécurité qui ne peut être construite qu’intérieurement.
Et si vous faisiez le premier pas vers vous-même ?
Si vous vous reconnaissez dans ces mécanismes, n’attendez pas que l’obsession prenne toute la place. La guérison commence toujours par un geste simple : choisir de ne plus avancer seule.Je vous invite à explorer ce qui se joue en vous, à revenir à l’origine de vos blessures et à réapprendre une manière plus apaisée d’aimer.
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©Géraldyne Prévot Gigant, GPG Géraldyne Prévot Gigant 13 Février 2025 Tous droits réservés. Toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, faite sans le consentement écrit préalable de Géraldyne Prévot Gigant est illicite.
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