Lettre à mes chers hypersensibles (à l'heure du confinement)


Mes chers hypersensibles,

Avez-vous le même sentiment inavoué que moi? Ce qu'il nous arrive est dramatique et nous allons perdre peut-être des proches, compter les morts. Les professionnels de santé sont sur le pied de guerre pour combattre la pandémie. Notre économie s'effondre. Soudain tout s'est arrêté comme quand on s'est pris un mur à grande vitesse. Grande vitesse. Justement c'était ça notre problème, tout allait de plus en plus vite....trop vite. Certains d'entre nous commençaient à élever la voix nous avertissant du danger imminent. Ces voix nous disaient que nous consommions trop, que nous détruisions la nature, la Terre. Ces voix étaient de plus en plus nombreuses nous avertissant que tout cela ne pouvait pas durer, que nous allions trop vite, que nous allions trop loin. Et puis vint un méchant virus. Au début tout le monde s'en fichait. Forcément, pour ne pas créer la panique, on nous rabattait les oreilles en nous disant "c'est une petite grippe...si vous n'êtes pas vieux, vous ne risquez rien". C'était sans compter tous les porteurs sains. Et puis, peu à peu, pour certains la petite grippe est devenue une méchante pneumonie pouvant laisser des séquelles pour toujours même aux plus jeunes. Ensuite est venu le coup du Doliprane et de l'Ibuprophène, accélérateur du drame pour certains d'entre nous.

Nous voici à présent reclus, confinés, jusqu'à nouvel ordre.

C'est alors que pour les hypersensibles, et pour les plus attentionnés à l'état du monde, quelque chose d'inespéré s'est produit.

Les canaux de Venise sont devenus transparents, les dauphins sont revenus nager dans les eaux du port de Cagliari, le ciel est devenu plus pur, l'air davantage respirable. Les zones rouges de pollution sur nos photos satellites sont devenues bleues indiquant une changement radicale. Le silence règne et la lenteur s'invite dans nos vies.




Une bulle de douceur, le rêve pour les hypersensibles.


Le silence

Bien souvent les hypersensibles, hyper-empathiques et hyper-sensitifs souffrent du bruit dans nos villes : les restaurants